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La venue au monde d'un enfant bouleverse la vie des jeunes parents et particulièrement de sa mère, qui doit répondre nuit et jour à ses besoins. L'allaitement, qui n'est pas inné, demande une grande énergie physique et psychique.

Découvrons en détails les causes de la fatigue maternelle pour mieux la comprendre, et ainsi aider les jeunes mamans à vivre l'allaitement sereinement.

Allaitement et fatigue : fatigue après l'accouchement

La fatigue est normale après la naissance quelque soit la manière dont votre nouveau-né est nourri.

Dans les cultures traditionnelles, la communauté féminine entoure la mère, et prend en charge les tâches matérielles pour offrir à la nouvelle accouchée et à son bébé le temps de s'apprivoiser l'un l'autre, de faire connaissance, et de se reposer ensemble (cela dure environ quarante jours) .

Chez nous, dès la sortie de la maternité, la vie intense reprend : courses, ménage, cuisine... Et le plus souvent encore, la mère est géographiquement loin de sa famille.

Le nouveau- né boit nuit et jour, de fait, la mère manque de sommeil, ce qui entraîne une fatigue supplémentaire.

Allaitement et fatigue : hormones en jeu

L'ocytocine et la prolactine sont deux hormones secrétées lors de la lactation. Elles emmènent la mère dans une détente et une relaxation spontanées et naturelles.

Ocytocine et prolactine libérées lors de l'allaitement

L'ocytocine entraîne un « relâchement physiologique » qui s'exprime par une respiration et un rythme cardiaque plus ralenti, avec baisse de la tension artérielle. Elle a également un rôle anti-douleurs.

Quant à la prolactine, elle induirait l'augmentation du temps de sommeil profond observé chez la femme qui allaite. Le sommeil profond est le plus « réparateur » des sommeils, et il serait plus important chez la femme allaitante que chez la femme enceinte et celle qui donne à son bébé une alimentation au biberon.

Allaitement : hormones du stress diminuées

Des médecins de l'institut national de santé mentale américain montrent par une étude en 1995, que les mères allaitantes ont moins d'hormones de stress que les mères qui n'allaitent pas.

De ce fait, réagissant plus sereinement aux situations perturbantes, elles s'occuperaient mieux de leur bébé.

Mai Tu, chercheuse, cite : «  la différence observée dans les réactions aux agents stressants pertinents et non pertinents signifie que les mères qui ont l'expérience de l'allaitement filtrent l'agent stressant important parmi les agents stressants insignifiants et que les mères qui donnent le biberon seraient moins en mesure de le faire. Nos conclusions indiquent que certaines mères donnant le biberon réagissent plus fortement au stress, ce qui peut nuire au soin optimal du nourrisson ».

Réaction face à la fatigue et l'allaitement

En cas de fatigue intense, laissez-vous entourer par des personnes empathiques qui connaissent ce qu'est l'allaitement (mère, amies proches) et qui en parlent de manière positive avec des mots justes.

Elles ne vous jugeront pas et ne vous dirons pas d'arrêter l'allaitement.

N'hésitez pas à téléphoner à la maternité pour vous confier. Une sage-femme ou une puéricultrice prendra le temps de vous écouter avec attention, puis vous conseillera.

Si vous ressentez une profonde fatigue, cherchez avec votre médecin une cause différente (accouchement long et difficile, anémie, carence en vitamines…).

Il existe des associations telles que la « leche league » ou le lait tendre, avec des personnes formées et compétentes, et des marraines d'allaitement avec qui vous pouvez correspondre par mail, par téléphone ou par rencontre à tout moment.

La fatigue culmine les premières semaines quelque soit la manière dont le bébé est nourri. En 1998, une étude observe la fatigue des mères ayant un premier enfant durant les neufs semaines après l'accouchement.

La fatigue est moyenne les jours suivant l'accouchement, maximum à trois semaines, et s'atténue entre 3 et 6 semaines. La fatigue est identique chez une mère qui allaite et une mère qui nourrit son nouveau-né au biberon.

Ressentez, écoutez tout au fond de vous ce qui vous fait du bien, à vous et votre enfant.

Cette période est brève dans votre vie. Aussi, selon votre personnalité, vos désirs profonds et vos possibilités :

  • Osez laisser de côté les tâches matérielles durant quelques semaines. Laissez-vous aider par votre compagnon, votre famille, vos amis ou même par une aide extérieure pour quelques heures de ménage (pensez-y comme un cadeau de naissance par exemple). Avant l'accouchement, concrètement, laissez des repas tout préparés au congélateur.
  • Mangez avec gourmandise le plus sainement possible et buvez davantage (la tisane de fenouil est excellente et favorise la lactation).
  • Reposez-vous : souvent le rythme de votre nouveau-né et le vôtre s'accordent spontanément. Faites de petites siestes en même temps que votre bébé, ou simplement, détendez-vous. Empruntez une chaise berçante, un hamac… De par le monde, la majorité des mères dorment avec leur enfant pour davantage de repos. Aussi, prenez tranquillement de la distance à propos de toutes les petites phrases de société : dormir avec son bébé lui donne de mauvaises habitudes, allaiter fatigue, etc. C'est vous-même qui avez l'intuition de ce qui est bon pour vous deux.
  • Emmenez votre bébé avec vous, contre votre sein. Promenez-vous dans de beaux endroits que vous aimez, rêvez, allez voir vos amis et votre famille. Votre lait chaud est toujours avec vous, et vous n'avez pas à prévoir des biberons et du lait en poudre.
  • Confiez votre enfant entre deux tétées à votre conjoint, vos parents, vos voisins pour vous évader et faire ce que vous aimez le plus.
  • Si vous avez d'autres enfants, inventez des moments reposants et câlins tous ensemble. Lisez des histoires, écoutez de la musique. Votre bébé connaît déjà ces histoires et ces musiques entendues lorsqu'il était dans votre ventre, cela l'apaisera beaucoup ! Faites tous ensemble des pique-niques dans la nature ou un parc, car l'atmosphère y est profondément apaisante et régénère.
  • Pour vous détendre, pensez à la sophrologie, l'acupuncture, le Qi gong, le yoga...

Allaitement et fatigue : médecine douce

Pendant l'allaitement, l'auto-médication n'est pas possible. Demandez conseil à votre sage-femme, votre médecin ou votre pharmacien.

Voici quelques remèdes sans effets secondaires qui peuvent vous soutenir :

  • En homéopathie : rexorubia pour la minéralisation, China pour les pertes importantes de liquides.
  • En phytothérapie : euphytose qui est un mélange de plantes apaisantes, le sirop d'argousier pour votre énergie vitale.
  • En fleurs de Bach : olive, moutarde, rescuee : versez 2 gouttes d'élixir dans un verre rempli d'eau de source, et buvez par petites gorgées 4 fois ou plus dans la journée.

Ces pros peuvent vous aider